mercredi 22 octobre 2014

Le Diable, tout le temps de Donald Ray Pollock***


Achevé le 11 août 2014

Le Diable, tout le temps de Donald Ray Pollock
roman américain, 2011 (éd.Le livre de poche), 403p.

«  Le pasteur Teagardin essuya son front large et lisse aec un mouchoir brodé, et évoqua une église dans laquelle il avait servi pendant un moment, à Nashville, où il avait l'air conditionné. Il était évident qu'il était déçu par l'installation de son oncle. Seigneur, il n'avait même pas de ventilateur. En plein été, cette vieille bâtisse devait être une salle de torture. Son esprit se mit à vagabonder, et il commençait à paraître aussi somnolent et ennuyé que sa femme, mais Arvin remarqua qu'il se ragaillardit nettement quand Mrs Alma Reaster arriva accompagnée de ses deux filles adolescentes, Beth Ann et Pamela Sue, âgées de quatorze et seize ans. C'était comme si deux anges avaient voleté dans la pièce et s'étaient posé sur les épaules du pasteur. Malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à détourner les yeux de leurs corps fermes et bronzés, vêtus de robes assorties jaune pâle. Soudain inspiré, Teagardin commença à parler à tous ceux qui l'entouraient de constituer des groupes de jeunes, quelque chose de très efficace qu'il avait vu dans plusieurs paroisses de Memphis.  » (p.263)


Âmes sensibles s'abstenir, ce roman est une horreur - mais c'est délicieux !
En fait de Diable, c'est bien de Dieu dont il s'agit ici et de toutes les folies que certains Américains font en son nom : des prédicateurs pédophiles aux meurtriers sacrificateurs, des fanatiques criminels aux tueurs en séries biblico-esthètes, sous nos yeux défilent des personnages hauts en couleurs qui ont en commun d'adorer Dieu dans leur folie jusqu'à commettre les actes les plus contre-nature. Pourtant, plus la nature humaine est laide et perverse, plus l'écriture de Donald Ray Pollock est belle. Sublime horreur qu'on a du mal à oublier ! C'est sans doute ma plus belle claque de l'été... Anaïs T.

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